En adoptant, par neuf voix pour et cinq abstentions – Bolivie, Chine, Éthiopie, Guinée équatoriale, et Fédération de Russie – la résolution 2428 (2018), le Conseil a donc décidé que tous les États Membres doivent prendre, « dès aujourd’hui  », les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert au Soudan du Sud, « d’armements et de matériels connexes de tous types  ».

Les interdictions de voyager et le gel des avoirs sont maintenues, et deux individus supplémentaires sont visés : Malek Ruben Riak, Chef d’état-major général adjoint à la logistique et Inspecteur général de l’Armée ; et Paul Malong Awan ancien chef d’état-major de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et ex-gouverneur de l’État du Bahr el-Ghazal septentrional.

Tous deux sont accusés « d’avoir mené des activités ou des politiques ayant pour but ou pour effet d’étendre ou de prolonger le conflit au Soudan du Sud, ou de faire obstacle à la réconciliation, aux pourparlers ou au processus de paix  ».

Bien que le texte n’ait obtenu aucune voix contre, il a été vigoureusement dénoncé par plusieurs membres du Conseil, notamment l’Éthiopie, qui a alerté des conséquences potentielles des sanctions sur la région.

Le représentant du Soudan du Sud a qualifié quant à lui cette résolution de « camouflet », dont l’adoption donne à penser que le Conseil « serait du côté » de l’opposition, au moment où elle est en négociations avec le gouvernement. Il a cependant annoncé être en mesure de pouvoir annoncer dans les jours à venir de « bonnes nouvelles » en provenance de Khartoum, où a été signée le 27 juin d’une Déclaration d’accord entre les parties au conflit.

La résolution adoptée aujourd’hui proroge également jusqu’au 1er juillet 2019 le mandat que le Conseil a confié au Groupe d’experts chargé notamment de suivre l’application des mesures de sanctions.