Les enfants de couples mixtes doivent-ils toujours faire une demande de nationalité gabonaise ?


L’anthropologue Bernadin Minko-mi-Mve (centre), livrant sa communication. Crédit photo : © 2019 D.R.

La question a fait l’objet d’une conférence-débat durant l’atelier de restitution des résultats d’un recensement des couples mixtes dans la province du Woleu-Ntem (nord du Gabon), le 10 mai à la Chambre de commerce de Libreville.

’’L’acquisition de la nationalité gabonaise pour les enfants issus des couples mixtes’’. Ce thème qu’a présenté l’anthropologue Bernardin Minko mi-Mvé, a fortement retenu l’attention du public présent à la Chambre de commerce de Libreville, vendredi.

Dans les faits, les personnes issues des unions dont l’un des parents n’est pas Gabonais subissent des discriminations entretenues par la Loi, affirme l’enseignant-chercheur. Un certificat de nationalité leur est exigé lorsqu’il s’agit d’établir des documents liés à certaines activités.

Chez les élèves par exemple, pour régler certaines situations comme obtenir une bourse ou participer à un examen, cette exigence causerait de gros problèmes. Les membres de l’ONG Be nya mam ye bi Bi-kondom estiment qu’il s’agit là d’une marginalisation, et que la jouissance de la nationalité doit être un acquis pour ces enfants, car ayant au moins un parent gabonais.

Le phénomène des couples mixtes se répandant davantage au Gabon, ladite association invite par conséquent l’État à trouver une solution pour permettre à ces enfants de jouir de la nationalité gabonaise dès le berceau.

Pour résoudre ce problème, l’anthropologue a suggéré aux législateurs d’interroger la tradition du pays : « Il est indécent de soumettre à un être humain issu d’un père et d’une mère, le choix de la nationalité. Il y a une double filiation dans notre pays : matrilinéaire et patrilinéaire. Si on s’inscrit dans cette tradition, il n’y aura pas de discrimination pour pouvoir obtenir la nationalité  ». Autrement dit, en prenant, dès la naissance, la nationalité du père ou de la mère, le problème ne se poserait plus.

L’ONG veut donc mettre un terme aux différentes modalités exigées à ces personnes pour l’obtention de la nationalité : «  L’objectif est de dire nous sommes Gabonais, la nationalité doit être acquise automatique-ment lorsqu’on a un parent gabonais. Quand un Gabonais met au monde un enfant, qu’il lui transmette sa nationalité sans condition  », plaide Marie-Claire Abogue Ndong, présidente de Be nya mam ye Bikon-dom.